Les temps forts en 1er cycle

La pièce de théâtre

En 8ème classe (14 ans), le premier cycle s’achève avec l’organisation et la représentation d’une pièce de théâtre.
Ce projet couronne d’une part la fin d’un cycle en faisant converger les acquis des années antérieures (français, histoire, peinture, couture, musique, travail du bois) et d’autre part ouvre le jeune vers l’avenir.
 
« Il faut des rites, dit le renard au Petit Prince. » 
Pour Saint Exupéry, l’homme a besoin de rites pour se construire.
Monter une pièce à cet âge prend tout son sens de rite de passage, de rite initiatique, où le jeune quitte l'enfance, deuil douloureux pour certains, mais nécessaire pour entrer dans le monde de l'adolescence, pour devenir apprenti adulte et auteur de sa vie. 
Monter une pièce avec toute une classe où nous trouvons un arc-en-ciel de caractères, où la puberté travaille en profondeur le corps et le psychisme, où chaque élève approche ce projet avec ses désirs, ses craintes, son enthousiasme, sa susceptibilité, voire, son rejet, est une aventure merveilleuse qui nécessite une préparation rigoureuse, un suivi minutieux, une communication pleine de tact. 
C’est aborder les grands thèmes de l’amour, de l’art, de l’amitié, de la passion, de l’autorité, de la différence, de la tradition, de la justice, du bien et du mal, du pardon, si nécessaires à leur âge.
 
Jouer devant un, ou différents publics n’est que la partie émergée de l’iceberg.
Monter une pièce nécessite une multitude de tâches : s’imprégner du texte, s’imaginer l’époque, ressentir le caractère de chaque personnage, choisir qui jouera tel ou tel personnage, apprendre son rôle, entrer dans son rôle, interpréter son rôle, dessiner et coudre son costume, dessiner et construire les décors, dessiner et publier les affiches, apprendre des chants, jouer des morceaux de musiques, éventuellement apprendre quelques pas de danse, faire l’éclairage, penser aux accessoires, être bien présent à chaque répétition, faire des sacrifices, remonter le moral de celui ou de celle qui a un petit passage à vide… et, quand le rideau tombe et les applaudissements fusent, tout n’est pas fini. Il y a après les rangements : démonter les décors, laver et ranger les costumes…
Monter une pièce n’est pas seulement un divertissement offert à un public, c’est surtout, à cet âge, une rencontre avec les spectateurs qui deviennent ainsi actifs en étant les témoins bienveillants du travail accompli. Ce qui élève et fait grandir un enfant ou un adolescent c’est le regard, l’estime et la foi que les adultes placent en lui.
La quintessence de ce projet théâtral, de ce rite de passage, est surtout cette œuvre bâtie ensemble, ce travail en commun qui aura permis, à travers les efforts et les sacrifices de chacun, de se mettre en mouvement, de grandir personnellement vers plus de solidarité, d'humilité et d'humanité.